Les Grandes Orgues Cavaillé-Coll

L'orgue de choeur

L'ancien orgue de choeur

La genèse
Depuis sa consécration, la basilique était privée d'un orgue d’accompagnement, faute de place dans le chœur. Pour pallier cette absence, on fit usage d’un harmonium pendant quelques années. Cependant, selon Fenner Douglas, Cavaillé-Coll avait placé un orgue de chœur temporaire en 1858, en attendant le grand orgue en 1859.
Le nouveau système électropneumatique de Schmœle & Mols utilisé par Merklin permis de rentre possible l’installation d’un orgue de chœur, disposé de chaque cotés du chœur. Ce fut alors une grande nouveauté à Paris !
Cet orgue de chœur réalisé par Merklin fut inauguré le 20 février 1888. Il comportait 14 jeux répartis sur 2 claviers expressifs et un pédalier. L’instrument fut reçu par une commission composée de César Franck, Théodore Dubois, Samuel Rousseau et Verschneider. Le Comité signalait: un orgue de conception électropneumatique a été installé maintenant dans l'une des principales églises de Paris. Il s'agit d'un événement historique, en raison des ressources offertes par le système. Ce serait une erreur d'espérer que Ste Clotilde serait une réplique du dessin ou modèle essayé il y a une vingtaine d'années par Barker.
La console était située entre les stalles du chœur (coté Evangile) et l'alimentation était cachée derrière le Maitre Autel. Les tuyaux étaient logés dans deux buffets néo-gothiques qui étaient situés sous les arcs du chœur, au dessus des grilles d’entrées (Aujourd’hui encore, on peut apercevoir les traces de l’armature des buffets dans les piliers).
Le transfert
L’instrument fut démonté en 1935, puis installé et agrandi par la Maison Cavaillé-Coll pour le salon parisien du marquis de Froissart, grand actionnaire et financier de la Maison Cavaillé-Coll. Le Récit fut transformé en Positif expressif et un grand Récit symphonique fut ajouté. L'ensemble fut habillé d'un joli buffet de chêne. Une grosse console de trois claviers remplaça celle de Merklin. Pour réaliser cet agrandissement, on intégra en grande partie un orgue provenant d'Azans. Cet orgue avait été acheté en 1923 par le marquis de Froissard sur le catalogue de Mutin (orgue à 2 claviers). Le buffet de ce dernier incorporait les boiseries d'un buffet d'orgue du XVIIe siècle.
En 1948, cet orgue fut cédé à la paroisse Saint Léon à Paris (15ème arrondissement). Il a été remonté par Jules Isambart, sur une vaste tribune en béton. Le clavier de Grand-orgue perdit alors son expression. Sur ce même clavier, un nouveau Salicional remplaça la Clarinette, laquelle passa au Positif, remplaçant la Voix Humaine, qui fut supprimée.
Depuis, le facteur d’orgues Dargassies a effectué d’importants travaux sur l’instrument (remplacement de la transmission, installation de nouvelles machines électropneumatiques de traction de notes, remplacement des moteurs de tirages des registres). La composition a été préservée et l’harmonie a été corrigé pour retrouver les timbres originaux de l’instrument (le Récit a été renforcé, les fonds rendus plus ascendants).
(sources: Bernard Dargassies, 2018, Victor Weller, 2019)

L'orgue d'accompagnement actuel

L'orgue d'accompagnement actuel a été construit en 1936 par la maison Cavaillé-Coll-Pleyel, suite au démontage de l’orgue de chœur effectué l’année précédente. Il comporte 10 jeux réels, 2 emprunts, 2 claviers et est muni d’une transmission mécanique. Dédié à l’accompagnement, il fut alors décidé de le placer sur la première tribune (alors réservée aux chœurs, à la Schola grégorienne et aux instrumentistes), sous le grand-orgue. Cette situation inédite explique le fait qu’il n'a pas de buffet (seulement une boîte expressive). La console est placée en face de l’orgue et est typique de la facture de Mutin-Pleyel. En 1965, J. Picaud effectua quelques petits travaux à la demande de François Tricot :
• transfert de la Doublette du Récit au GO et du Nasard du GO au Récit
• transformation de Basson-Hautbois 8’ du Récit en Trompette 8’
Utilisé très régulièrement par François Tricot jusqu’en 1987, l’instrument est malheureusement muet aujourd’hui.

Sources:
• Fenner Douglas : “Cavaillé-Coll and the French Romantic Tradition”. Yale University Press New Haven and London, 1999.
• Carolyn Shuster Fournier : «Les instruments à claviers d'accompagnement de la basilique Sainte-Clotilde La tradition musicale de la basilique Sainte-Clotilde de Paris »
L’Orgue n° 278-279 (2007/II-III) 159-161 ISSN 0030-5170
• Inventaire « Orgues de L'Ile de France » Tome 5 Klinksieck, Paris, 1992 ISBN 2-252-02848-3, 2-252-02941-2 2-252-03121-2
• « Orpha Ochse Organists and Organ playing in nineteenth-century France and Belgium » (;age 100) Indiana University Press Bloomington & Indianapolis 2000.
• Victor Weller Recherches aux archives de la ville de Paris et du diocèse (Printemps 2019)

Composition de l'orgue d'accompagnement

Grand-Orgue (61 notes) Récit (61 notes) Pédale (32 notes)
Bourdon 16
Flute Harmonique 8
Flute Octaviante 4
Doublette 2
Cor de nuit 8
Gambe 8
Voix Céleste 8
Flute Douce 4
Nasard 2 2/3
Trompette 8
Soubasse 16 (empruntée au Bourdon 16 du GO)
Bourdon 8 (emprunté au Cor de nuit 8 du Récit)
Accouplements d'octaves graves: GO en 8, GO en 16
II/I
Tirasse I et II
Pédale d'expression (pour tout l'orgue)